Africa

Au Cameroun, la fin des visites aux prisonniers LGBTI?

Publié le 3 juin 2015

Jean Jacques prepares food to take to LGBT prisoners in Yaounde during the visit by delegates from the St. Paul’s Foundation. He is part of a vital lifeline between Camfaids and many who are incarcerated without charge or evidence of illegal behavior. (Photo courtesy of Albert Ogle)

Jean Jacques prépare la nourriture qu’il emporte à des prisonniers LGBTI dans la prison centrale de Yaoundé. (Photo par Albert Ogle)

À Yaoundé, les prisonniers LGBTI savent qu’ils ne sont pas totalement isolés, car ils reçoivent des visites régulières des militants de CAMFAIDS (Cameroonian Foundation for AIDS).

De janvier à décembre 2014, au cours de 20 visites, l’équipe de CAMFAIDS a vu quatre détenus LGBTI de la Prison Centrale de Yaoundé, aussi connue sous le nom la prison de Kondengui. Les visites ont été effectuées par Jean Jacques Dissoke, responsable de la Cellule Droits Humains de CAMFAIDS, Josué Mbarga, responsable de la Cellule Santé et par l’adjoint Janvier Bessala.

Ces services ont été fournis dans le cadre d’une subvention d’une  organisation européenne.  Cette  financement prendra fin ce mois, peut-être seulement temporairement. Ensuite, dit Brice Evina, le président de CAMFAIDS, « nous serons dans l’incapacité de poursuivre nos actions en prison pour soutenir ces personnes LGBT qui sont victimes d’arrestation à cause de leur orientation sexuelle. »

Au moins pendant une période de restructuration à son bailleur de fonds, CAMFAIDS aura besoin de l’aide extérieure financière pour poursuivre son travail avec les prisonniers LGBTI, dit-t-il.

Jusqu’à maintenant, les visites se sont poursuivies en 2015 pour les deux prisonniers qui restent à la Prison Centrale: une lesbienne et un homosexuel condamnés depuis l’année dernière. La lesbienne D.E. a servi deux ans d’une condamnation de cinq ans. L’homosexuel P.N. est détenu à la prison de Kondengui depuis la fin de novembre pour motif d’homosexualité. Son cas est toujours en instruction au tribunal de première instance de Yaoundé.

Les autres deux ont été liberés avec paiement d’amende, après avoir purgé leur peine.

Les visites

L'intérieur de la prison centrale. (Photo de Camerpress.com)

L’intérieur de la Prison Centrale de Yaoundé. (Photo de Camerpress.com)

Les visites mensuelles fournissent à la fois un soutien psychologique et de la nutrition pour les prisonniers LGBTI.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « prévention, sensibilisation contre les IST dont le VIH auprès des HSH et lien de référencement auprès des structures sanitaires agréées. »  L’organisation des visites a été préparée par le Responsable de la Cellule Droits humains (prévision du nombre de paquets et des noms des détenus à visiter, obtention d’une autorisation du Ministère de la Justice pour l’entrée en prison).

Le paquets alimentaires sont composés de tapioca et sucre, une bouteille d’huile de cuisine, un morceau de savon de ménage, un morceau de savon antiseptique, un sachet d’eau de javel, un paquet de pâtes alimentaires de 500g, un paquet de riz, cube Maggi, oignons et arachides, et trois sachets de tomates.

Après la prison

Après que ces personnes sont libérés de la prison de Kondengui, ils sont admissibles pour le counseling post-détention et les activités sociales de CAMFAIDS, y compris des dîners et des groupes de discussion ou de partages d’expériences.  Ces groupes sont conçus pour aider les anciens prisonniers à établir une vie saine et productive après la prison.

En 2014, CAMFAIDS a fourni le suivi post-détention à quatre anciens prisonniers LGBTI.

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