Publié le 9 janvier 2013
Cet article a été écrit par Yves Yomb, directeur executif de l’association Alternatives-Cameroun.
Depuis quelques mois il prévaut dans la communauté LGBTI de Douala et Yaounde, un climat de peur et d’inquiète parmi les membres. Un groupe de malfaiteurs ayant investi les sites web de rencontre fréquentés par les personnes homosexuelles.
1. Le cas de Phillppe M. et Soppo
Le 04 Décembre dernier, Philippe M. a été la dernière victime de ce gang à Douala. Ce dernier a été agressé a son domicile par un groupe de trois personnes qui lui réclamait de l’argent sous peine de dévoiler son homosexualité.
Signalons qu’en 2011, Philippe M. a fait la rencontre de Soppo sur un site de rencontre. Les deux hommes se sont donnés rendez vous au domicile de Philippe M. Apres une nuit passée ensemble, Soppo a exigé de Philippe M. une somme d’argent pour services sexuels rendus. Afin de préserver sa réputation, Philippe M. a cédé à ce chantage.
Un an plus tard (04 Décembre 2012), le même Soppo fait a nouveau éruption au domicile de Philippe M. en compagnie de ses complices et lui a exigé à nouveau de l’argent sous peine de dévoiler son homosexualité. Apres une vive altercation entre la victime et ses agresseurs, le gang a pu prendre la fuite avec un butin composé de passeports, laptop, matériels numériques, etc. Philippe M. a pu néanmoins maitriser Soppo qui est considéré comme le cerveau du gang. Les deux hommes ont été conduits dans les locaux d’Alternatives-Cameroun par certains propres de Philippe M.
L’association a ainsi fait appel à certains agents de force de l’ordre se trouvant sur le fichier des autorités gay friendly constitué en interne. Apres avoir entendu les deux parties, l’agent des forces de l’ordre a sommé à Soppo de rendre le matériel dérobé au domicile de Philippe M. matériel a été rapporté dans les locaux de l’association par les complices de ce dernier pour restitution au propriétaire.
2. Le cas de Joséphine M. et Lynda N.
Le 28 Décembre 2012, Joséphine M. s’est rendu à Yaoundé pour passer la fin d’année. Elle a fait la rencontre d’une certaine Lynda N. sur un site de rencontre fréquentés les lesbiennes. Les deux jeunes filles se sont données rendez vous dans une auberge située au quartier Nkomo à Yaoundé.
Apres avoir été accueillit par Lynda N. dans une chambre de l’auberge, cette dernière s’est excusée auprès de son invité et déclaré sortir un instant pour se rendre à la boutique. Quelques temps plus tard, une autre personne s’est présentée à Joséphine M., se faisant passé pour un inspecteur de police.
Ce dernier a demandé à Joséphine M. de se présenter, ce qu’elle a refusé de faire si ce dernier ne se présentait pas lui-même avant.
Ce dernier a par la suite accusé Joséphine d’être lesbienne et a menacé de la conduire au commissariat de police le plus proche.
Cette dernière a pu se sauver grâce à la baisse de vigilance de son agresseur et s’est refugié au domicile d’un activiste LGBTI de la ville de Yaoundé.
3. D’autres rapports
D’autres plaintes de chantage, d’agressions et autres guets ont également été rapportés à l’association par les victimes.
Signalons ces guets apens et agressions sont orchestrés par certains membres de la communauté LGBTI eux-mêmes, et la plupart des agresseurs sont également issus de cette communauté.
Il est triste de voir combien une communauté tant discriminée par la société commence elle-même à se déchirer, il est triste de constater comment cette foule ne sait pas faire foule comme le disait Aimé Césaire.
– YVES YOMB
Yves Yomb est le directeur executif de l’association Alternatives-Cameroun, une association de lutte pour l’égalité, la tolérance et le respect pour les personnes qui souffrent de l’exclusion sociale.
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